L'interview d'Elke Dera par Carmen Sabarkh

Publié le par Facedeplook

Interview (AFPlook) du journal "Flammes et Athlètes", le 20 juillet 1980 (Moscou) 

Dans le cadre de nos retrospectives de l'été, retrouvez les moments forts de celles et ceux qui avaient quelque chose à dire et à faire.

Carmen Sabarkh
: Bonjour Elke. Tout d'abord je tiens à vous remercier, au nom de tous nos lecteurs, d'avoir eu la gentillesse d'accepter d'être si matinale pour répondre à mes questions.

Elke Dera: C'est tout naturel. Avec tout ce qu'on s'est mis hier soir, je vous devais bien ça...Cette vodka tape c'est un enfer, vous ne trouvez pas? 

CS: Personnellement, je n'hésite pas à me proposer un petit doigt au fond de la gorge avant d'aller me coucher, ça libère des vapeurs.

ED: (elle sourit en se massant les pommettes). Je vois assez ce que vous voulez dire. 

CS: Alors, comment avez-vous vécu cette première journée de cérémonie des jeux?

ED: Bizarre. Comme quelque chose que l'on attend longtemps et passe sans que l'on s'en rende compte. La première fois que j'ai vécu cela c'est lorsque j'ai enfin pu accompagner mon grand-père vendre ses champignons au marché.

CS: Et c'est un peu grâce à lui si vous avez empoigné le javelot.

ED: Exact. Je chassais les piafs qui rôdaient autour de ses semences en essayant de les embrocher avec des piquets à tomatiers. Parfois on mangeait de la viande à midi...


 

 C'est en veillant sur les champs de son grand-père qu'est née sa passion pour le lancer

 

 

CS: Quand avez-vous réalisé pleinement que vous capacités dépassaient celles du commun des mortels ?

ED: Lorsqu'en retournant une baffe à mon frère, moqueur sur un jet qui, il est vrai, avait dépassé sa cible, je lui ai cassé trois dents. Ce jour là, l'ai décidé de faire le bien autour de moi. Et j'ai conservé ses dents comme porte bonheur et lui le surnom de tête de piaf. Ca ne l'a pas empêché de faire une carrière dans le porno gay, je me demande même si ça ne l'a pas aidé...

CS: Vous sentez-vous prête pour cette compétition ?

ED: Je me suis fixé des objectifs, et je vais faire en sorte de m'en rapprocher. Je réfute qu'aucun mur puisse un jour ne pas demeurer  infranchissable, bien au contraire. Ma mère disait toujours "Coince un oeuf entre tes genoux, tu peux encore bouger les pouces". Je m'aperçois aujourd'hui combien elle avait raison.

CS: Comment trouvez-vous l'affiche ?

ED: Très belle. Ce logo est très évocateur. Cette espèce de longue tige avec toutes ces boules en dessous, ça m'a tout de suite énervé. D'ailleurs là, rien que d'en parler...

CS: Moi c'est la peluche Misha. Je m'en suis acheté une de 1m07 de haut, c'est  énorme.
Il me reste à vous remercier Elke, et vous souhaiter d'excellents jeux.

ED: Merci. A vous également.

 


Elke, au milieu de ses amis de jeux durant la cérémonie, quelques heures avant d'aller se mettre minable aux produits locaux, histoire de ne pas avoir fait le trajet pour rien (CS).

 

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